Quand le Brexit se joue aussi à Gibraltar

Quand le Brexit se joue aussi à Gibraltar

Le 08/08/2017 | Réagissez à cet article 

Plus d’un an après le référendum sur le Brexit, la procédure de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne est toujours en négociation. Rien n’a véritablement été lancé. Pour le moment le Royaume-Uni doit encore être considéré comme un pays de l’UE. Si les négociations prennent autant de temps, c’est que les enjeux sont énormes. Ils touchent tous les secteurs de l’économie britannique. Parmi eux, on retrouve notamment les jeux d’argent en ligne et plus précisément les nombreuses entreprises installées à Gibraltar. 

Un rocher britannique à l’extrémité de l’Espagne

Pour expliquer la présence d’un territoire britannique à l’extrémité sud de l’Espagne il faut remonter à 1704, date à laquelle le rocher de Gibraltar a été conquis par les forces anglo-néerlandaises lors de la guerre de Succession d'Espagne. Lors du traité d’Utrecht de 1713 l’Espagne reconnait Gibraltar comme propriété de la couronne britannique. 

Cependant, l’Espagne n’a jamais cessé de revendiquer ce bout de terre. Actuellement, Gibraltar est un territoire d’outre-mer britannique dont le chef d’Etat est la reine Elizabeth II représentée par un gouverneur. 

Une terre d’accueil des entreprises de jeux d’argents sur internet

Comme Malte, Gibraltar est devenu depuis 20 ans une place forte où viennent s’installer de nombreuses sociétés spécialisées dans les jeux d’argent en ligne : poker, paris sportifs, baccara, roulette… En effet, Gibraltar profite d’une fiscalité particulièrement attractive pour ces entreprises et offre un accès direct au marché européen.

Il s’agit du premier secteur économique de ce territoire de 6 km², représentant à lui seul 25 % du PIB de Gibraltar et 30% des 39,3 milliards de dollars générés en 2016 par l'industrie mondiale des jeux et des paris en ligne. Une part plus importante que n’importe quelle autre place forte des jeux d’argents sur internet. 

Menacée par le Brexit

Le Brexit pourrait venir chambouler cette économie. Actuellement Gibraltar fait partie de l’Union européenne. La plupart des personnes travaillant à Gibraltar peuvent profiter aisément de la vie espagnole agréable et moins chère. Il suffit de traverser une frontière. 

Cependant, cette traversée de la frontière risque d’être plus compliquée et plus longue. De même, cela pourrait également créer d’autres problèmes administratifs et notamment au niveau de la conservation de certaines licences de jeux. Incitant les sociétés à quitter le territoire pour Malte. 

D’ailleurs, selon une consultation locale, 96 % des Gibraltariens souhaitent rester au sein de l'UE. Ils aimeraient obtenir un statut proche de celui d’Andorre ou du Liechtenstein. Les négociations autour du Brexit risquent de durer encore longtemps.

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