TF1 et EurosportBET, c'est fini

TF1 et EurosportBET, c'est fini

Le 29/03/2011 | 1 commentaire(s)

Après l’avoir racheté à Eurosport et au fonds d’investissement Serendipity en 2010, TF1 va céder sa filiale SPS Betting (EurosportBET et Eurosport Poker). Le repreneur semble être le management actuel de SPS Betting et non pas un autre opérateur mais on ne sait pas si tous les emplois pourront être sauvegardés.

L’absence de résultats concluants

Nonce Paolini avait annoncé cette volonté de la chaîne privée, en janvier dernier, de céder cette filiale qui détient trois licences dans les paris sportifs, les paris hippiques et le poker en ligne.

Les résultats n’ont pas été jugés assez bons pour continuer. Si des négociations avec le fondateur de Chilipoker, Alexandre Dreyfus, ont été mises en lumière celles-ci ne semblent pas avoir abouties.

TF1 se désintéresse des jeux en ligne

Cette cession reste cependant logique puisque l’initiative de l’achat avait été prise par l’ancien patron Patrick Le Lay. Son successeur lui n’a pas estimé bon de mettre un pied sur le marché des jeux d’argent en ligne.

Après être passé de mains en mains, quel avenir pour EurosportBET ?

Vos réactions (1)
Martignoni, le 19/04/2011

Gambling France Arjel, autorité de régulation, jeux de hasard et d’argent sur internet , bilan, sociologie des joueurs en ligne, gambling virtuel, poker, paris hippiques et sportifs on line…. LE SUCCES DES JEUX D’ARGENT SUR INTERNET : premier bilan, premiers indicateurs, premières typologies. Alors que « le pays du poker » – les Etats-Unis - vient d’effectuer une opération liberticide spectaculaire contre le poker en ligne (1), la France poursuit sa politique « d’ouverture maitrisée » en attendant la « clause de revoyure ». Si de nombreuses questions restent en suspend ( fiscalité, taux de retour au joueur, pari à handicap, libre jeu de la concurrence ou régulation économique du marché…) chacun s’accorde à reconnaître le travail accompli, notamment par l’Arjel. Par contre en ce qui concerne les études, la recherche sur le gambling , l’Observatoire des jeux, les pouvoirs publics doivent de notre point de vue revoir leur copie. Ils auront de plus en plus besoin d’analyses sociologiques et d’indicateurs objectifs pour « mener à bien leur Politique des jeux. Les soubresauts qui secouent actuellement l’Observatoire des drogues pourraient en être l’occasion. ------ Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin ( sociologue) ---- • L’indicateur de supervision publié dernièrement (2) par l’autorité de régulation des jeux en ligne ( ARJEL) permet de dresser un premier bilan ( statistique et sociologique) pratiquement un an après l’adoption de la loi du 12 mai 2010. Certes ce bilan est inféodé aux quelques chiffres fournis par le régulateur et beaucoup de données manquent ou sont partielles, mais ce n’est pas le rôle de l’Arjel de faire une analyse exhaustive des données qu’elle possède. Ce sera l’une des missions de l’Observatoire des jeux, le jour il sera actif, disposera de moyens et sera pluridisciplinaire. ------- A un premier niveau ce bilan apparaît positif au regard des objectifs initiaux : permettre à ceux qui veulent parier sur internet de le faire dans la légalité, lutter contre les sites clandestins, ouvrir à la concurrence certains jeux d’argent en ligne dont seuls les deux opérateurs historiques avaient le monopole, autoriser de nouveaux jeux sur la toile ( poker notamment et une kyrielle de paris sportifs). Un grand nombre de « comptes joueurs » ont en effet été ouverts : 3,5 millions. Les jeux d’argent sur internet intéressent donc un certain nombre de français. Le gambling virtuel quoiqu’en disent certains actuellement, ça marche et ce n’est sans doute qu’un début. Le fait de savoir si tout ou partie des jeux en ligne illégaux ont été captés par cette libéralisation partielle ( 80 % d’après le Président de l’ARJEL) constitue un autre débat dont nous avons déjà parlé mais qui ne sera pas traité ici. • Le premier enseignement objectif et significatif que l’on peut tirer, renseigne sur le comportement des joueurs : tous les comptes ouverts ne sont pas « actifs ». 2,6 millions de Comptes Joueurs Actifs (CJA) depuis l’ouverture, soit 74% du total. Un nombre non négligeable de gamblers on line (26%) apparaît très volage. Ils ont fait la démarche d’ouvrir un compte mais ne l’utilisent pas ou peu. Cela pose de nombreuses questions dont celles de la satisfaction client, de la fidélisation ; problématiques cruciales pour les opérateurs. Vu le manque de recul il est difficile d’apprécier si le marché du gambling virtuel possède une variabilité saisonnière ou intra mensuel ( observable dans les casinos en dur) susceptible d’expliquer aussi cette volatilité. Une chose est certaine, pour les paris « sportifs », cette forte volatilité est à mettre en liaison avec les évènements du même nom et leur médiatisation. Il n’y a pas une coupe du monde de football tous les ans ! • Deuxième enseignement : une hiérarchie s’est assez rapidement instaurée entre les trois familles de jeux autorisées, en fonction du choix et des préférences des joueurs. Le tiercé gagnant : poker, paris hippiques, paris sportifs. • Le succès du poker ( en cash game notamment) apparaît remarquable. Le poker s’est imposé rapidement comme le jeu en ligne favori des français, loin devant les paris hippiques et sportifs, si l’on exclut l’épiphénomène « effet coupe du monde ». Il y a bien en France depuis quelques années déjà un « phénomène poker », confirmé par ailleurs de multiples façons : casinos en dur, cercles, tournois, nombreuses émissions télé, peopolisation & bruelisation, revues dans les kiosques, nombreux sites dédiés, buzz permanent, associations spécifiques... Cet engouement pour le poker - en dur, en ligne et à la télé - ne relève pas d’une simple mode, même si « l’effet nouveauté » a pu jouer. Le poker renvoie à une histoire, une culture, un pays , mais il est désormais devenu un jeu mondial. Il possède une modernité qui s’inscrit dans différents registres : sémantique, symbolique, psychologique. Cette ambivalence – entre histoire et modernité – explique son succès, outre l’intérêt du jeu, ses logiques ludiques, agonistiques, démocratiques. Ce « cercle vertueux culturo-ludique du poker », commencé bien avant la loi, a contribué à préparer le terrain et a fortement profité au poker en ligne. L’évolution est spectaculaire depuis l’autorisation : +160%. 120 000 comptes joueurs actifs à l’ouverture , 312 853 actuellement. La progression est constante, même si une légère décrue apparaît depuis quelques mois. Un pic ayant semble-t-il été atteint en février 2011 , avec 329 529 CJA. • Loin derrière les paris hippiques arrivent en deuxième position avec 131 588 comptes actifs ( contre 99 205 à l’ouverture) : + 32 %. C’est un succès pour le monde des courses et la filière cheval. La progression du nombre de comptes joueurs actifs dessine une courbe ascendante, régulière et progressive. On reconnaît là, la constance du turfiste qui, quand il s’engage dans son « travail ludique » ( faire son papier, spectacle des courses, amour du cheval, parier…), le fait dans la durée. Même si un plus haut semble avoir été atteint en février 2011 ( 152 398 CJA) rien n’indique que la légère décroissance observable depuis perdurera. Habitué depuis des lustres à jouer par minitel, téléphone, télé interactive… , de nombreux turfistes ont trouvé naturellement le chemin de l’internet ludique, qui n’était pas tout a fait une nouveauté pour eux. La montée progressive de la courbe du nombre de compte joueurs actifs paris hippiques, soulignent la constance du comportement des turfistes et en final leur passion assumée pour le turf. Les courses, c’est sérieux. Il suffit d’ouvrir une fois Paris Turf, pour comprendre quel labyrinthe ludique elles constituent. • A contrario le succès des paris sportifs apparaît plus relatif, si l’on fait abstraction de « l’effet coupe du monde » qui apparaît rétroactivement comme un feu de paille qui n’a duré que quelques semaines. Une « flambée de la flambe » en quelque sorte, vite éteinte par les résultats et les frasques de l’équipe de France. 319 981 CJA à l’ouverture, chiffre tombé très rapidement à 94 888 pour remonter ensuite à 130 00 et atteindre un pic à 167 170 Comptes joueurs actifs en novembre 2011. Actuellement un trou d’air assez spectaculaire est observable pour ces paris : 73026 compte joueurs actifs en avril 2011, 117 864 en mars. Par ailleurs les mises ont baissé de 26,5% au premier 2011 par rapport au dernier trimestre 2010. Mais certains vont peut être un peu vite en besogne en enterrant les paris sportifs à cause de cette récente chute. Peut on comparer des trimestres situés à l’opposé du calendrier, rien n’est moins sur. En outre les paris sportifs avaient déjà connus un plus bas en décembre 2010 ( 84533 CJA), pour remonter spectaculairement fin janvier 2011 (143 201 CJA ) Par ailleurs pendant plusieurs mois, les paris sportifs ont fait mieux que les paris hippiques. Rien n’est joué et personne ne peut prévoir l’avenir. Néanmoins la sociologie des sujets joueurs qui parient sur les compétitions sportives apparaît pour l’instant beaucoup plus hétérogène que celle des deux autres populations. Un grand nombre d’indicateurs ( dont certains imprévisibles : résultat d’une équipe) semblent fortement influer le comportement des gamblers en ligne qui parient sur le sport. • Troisième enseignement : le montant des mises engagées par les joueurs. Leur hiérarchie est corrélée aux résultats obtenus en matière d’ouverture de comptes. C’est le poker qui rapporte le plus ( 5 526 millions d’euros en cash game, 683 millions pour les tournois), ensuite les paris hippiques ( 693 millions depuis l’ouverture) et en queue de peloton les paris sportifs (595 millions). Difficile d’en dire plus cependant car « le taux de recyclage » des dépôts en mises est très différent d’un jeu à l’autre. 1 à 3,2 pour les paris hippiques, 1 à 4 pour les paris sportifs, 1 à 8 pour les tournois de poker, 1 à 23 pour le poker cash game. ------- L’indicateur de supervision de l’ARJEL permet également de dresser une « typologie sociologique sommaire » des joueurs en ligne actifs, en fonction de leurs caractéristiques ( âge, genre) ou de leurs comportements 1 = L’indicateur : âge Tranches d’âge Jeux de cercle, poker Paris hippiques Paris sportifs total 18-24 25 9 41 100% 25-34 43 17 29 100% 35-54 28 47 26 100% 55-64 3 18 3 100% 65 ans et plus 1 9 1 100% total 100% 100% 100% La variable âge - objectivement représentative si les conditions de collecte de l’Arjel ne comportent pas de biais - caractérise fortement les trois populations observées. Elle apparaît fortement discriminante et caractérise également les jeux dont il est question. ➢ Première enseignement majeur : la population qui joue aux paris sportifs en ligne apparaît nettement plus jeune ( 70 % ont moins de 35 ans dont 41% de 18-20 ) que celles des turfistes ( 26 % seulement ont moins de 35 ans) . Il en va de même dans une moindre mesure pour les joueurs de poker : 68 % ont moins de 35 ans. A contrario en toute logique les turfistes sont essentiellement composée d’adultes matures (74% de 35 ans et plus) dont une population de 65 ans et plus non négligeable ( 9%) ➢ Deuxième enseignement significatif : le poids statistique des adultes de 35-54 ans qui jouent au poker ou aux paris sportifs, est pratiquement similaire ( respectivement 28 et 26 %). ➢ Le troisième enseignement – assez spectaculaire - souligne que les joueurs les plus âgés ( 55 ans et plus) qui s’adonnent au gambling sur internet, pèsent pour 27 % en matière de paris hippique, alors qu’ils relèvent de l’épiphénomène pour le poker et les paris sportifs : 4%, dont 1% seulement pour les plus de 65 ans. Mais ces premières statistiques officielles sur les gamblers en ligne caractérisent aussi indirectement les jeux dont il est question et l’image qu’ils ont aux yeux de l’opinion : ➢ Ainsi les paris sportifs apparaissent comme « des jeux jeunes qui attirent les jeunes » et principalement les « jeunes adultes » de 18-24 ans ( 41%). Populations qui s’intéressent aux sports , aux résultats et spectacles sportifs et pratiquent sans doute elle même majoritairement une activité sportive ( et notamment le sport de référence sur lequel elle parie par exemple le football qui représente 54% des mises des paris sportifs). ➢ Ainsi le poker apparait également comme une activité ludique - jeune, fun, nouvelle, fortement médiatisée - qui intéresse principalement » les adultes jeunes » et notamment les 25-34 ans (43%). Du coté des « jeunes adultes » - les 18-24 ans - ils s’intéressent également beaucoup au poker et aux tournois de poker ( 25 % de 18-24 ans), avec les risques que cela comporte, mais dans une proportion bien moindre que pour les paris sportifs ( 41% de 18-24 ans) ➢ A contrario les paris hippiques ( y compris quand ils s’exercent via le web) semblent conserver l’image d’un jeu réservé à une population mature, à des initiés qui ont accumulé expériences, connaissances et compétences en matière de turf au cours de leur « carrière » de joueurs, et notamment les 35-54 ans. (47%) Si elle possède un revers de médaille ( les jeunes adultes sont peu attirés par les paris hippiques y compris quand ils s’exercent en ligne : 9%), cette image a l’énorme avantage d’attirer également une forte population de seniors - les 55 ans et plus - qui ne semble pas effrayer par la modernité des paris hippiques sur internet, alors que cette même catégorie fuit pour l’instant d’une manière assez radicale le poker et les paris sportifs on line. Le fait que les populations turfistes soient plus âgées voire vieillissantes que les autres populations joueuses, ne signifie donc pas qu’elle soient rétrogrades en matière d’évolution technologique. En final les paris hippiques – un jeu qui a une longue histoire – semblent posséder une base économique, financière, culturelle plus solide que les paris sportifs, activité ludique relativement récente qui a connu de nombreux soubresauts quand la Française des jeux a commencé à les exploiter. Cette base structurelle bien ancrée dans la culture populaire, expliquerait « l’homogénéité progressive tranquille de la courbe des comptes joueurs actifs hippiques », alors que celle des paris sportife constitue une succession de montagnes russes… qui donne mal au cœur à certains opérateurs, au point que certains ont déjà jeté l’éponge.(TF1/Eurosportbet) 2 = L’indicateur : genre genre homme femme total Jeux de cercle poker 91 9 100% Paris sportifs 92 8 100% Paris hippiques 81 19 100% ➢ Le genre apparaît comme une variable très discriminante pour les jeux en ligne. Les jeux d’argent en ligne sont très majoritairement pratiqués par les hommes (88%) La gente féminine participe très peu pour l’instant au gambling virtuel (12 %). Elle est nettement sous représentée, par rapport au poids qu’elle occupe dans la société française (51,4%). ➢ La tendance apparaît nette, générale même si elle est moins marquée pour les paris hippiques. Il faut donc croire ( même si les explications sont sans doute multiples) que ces jeux ( surtout paris sportifs et poker) renvoient une image particulièrement masculine. Le poker notamment, apparaît essentiellement comme « un jeu d’hommes, un monde d’hommes », un univers de virilité. Nous avions déjà observé fortement cette sur-représentation masculine dans les casinos, aussi bien pour les machines à sous vidéo poker que pour le poker en dur électronique ou non. Le fait que certaines égéries du poker aient été sur-médiatisées ( par exemple Isabelle Mercier, joueuse canadienne surnommée Isabelle « No Mercy ») souligne paradoxalement en réalité, le faible poids et la « minorité » que représentent les femmes dans la population ( nationale et mondiale) des joueurs de poker. Ce constant s’accentue fortement pour les paris sportifs. 31 016 joueurs actifs femmes pour le pari sportif, 64 414 pour le poker. ➢ Pour les paris hippiques la situation vis à vis du genre apparaît sensiblement différente. Même si la tendance globale est similaire (81% d’hommes) le « deuxième sexe » apparait largement représenté ( 19 % de femmes, soit 48 255 comptes joueurs actifs détenus par le « beau sexe »). Si le monde du cheval, la filière et pout tout dire le PMU ( qui bataille depuis des années sur ces deux questions : âge et genre) ne semble pas avoir complètement réussi à rajeunir sa clientèle, il semble par contre avoir réussi le pari de la féminiser davantage. Ces chiffres reflètent cette féminisation accrue, qui profite à l’ensemble des opérateurs hippiques et pas seulement au PMU. Traditionnellement associé au Bar PMU, univers masculin populaire de riches sociabilités interlopes mais aussi de fortes promiscuités longtemps enfumés et souvent alcoolisées, les paris hippiques à domicile sur internet ont visiblement attiré les femmes davantage en tout cas que le poker et les paris sportifs virtuels. Tri Croisé : age/genre N’ayant pas accès aux données brutes la seule donnée correspondant au tri croisé Age/genre correspond à l’information donnée par l’Arjel à savoir « que la population des joueurs en ligne est globalement plus jeune que celle des joueuses quelque soit le type de jeux ». 3 : Distribution des mises : l’argent joué par les joueurs La dernière information donnée par l’indicateur de supervision publié par l’Arjel pour le premier trimestre 2011 est parcellaire. Elle concerne « l’argent du jeu », la distribution des mises engagées par joueur. Cette question sensible pourrait permettre ( si l’information n’était pas parcellaire et les chiffres bruts analysés) de dresser une typologie des joueurs internet selon les risques qu’ils prennent et l’argent qu’ils engagent. Savoir si les joueurs on line jouent beaucoup, peu, s’il y a des gros joueurs, des petits etc.. Et cela bien entendu nous informerait le cas échéant sur le jeu problématique , le nombre de joueurs en ligne potentiellement concerné par le jeu excessif. ➢ L’enseignement principal de ces données apparaît assez assez remarquable : 76 % des mises sont jouées par 10 % seulement des joueurs, aussi bien pour le poker que pour les paris sportifs. Plus spectaculaire encore : 1% des joueurs génèrent 51 % des mises pour ces deux types de jeu. Même réduite à cette dichotomie primaire et binaire fournie par le régulateur, l’information apparaît importante. Le marché des paris en ligne - au niveau de l’argent joué – apparaît extrêmement concentré. Une toute petite partie des joueurs apportant l’essentiel du volume d’affaire du gambling virtuel ; un pourcentage microscopique de très gros joueurs ( 1%) fournissant plus de la moitié de l’argent joué ➢ Un calcul secondaire effectué par l’Arjel permet de connaître la moyenne jouée « par trimestre » en prenant la base de « plus ou moins 1OO euros » pour les paris sportifs, hippiques et les tournois de poker, et de « plus ou moins 300 euros » pour le poker cash game. Si ce calcul comporte sa part de subjectivité, il permet néanmoins d’établir le tableau suivant ( voir ci dessous) qui sépare les gamblers en deux catégories : • une première catégorie de joueurs composée de deux populations. Une population majoritaire( entre 61 et 70 %) qui joue moins de 1OO euros par trimestre, une deuxième population non négligeable ( de 35 à 39 %) qui engagent 100 euros et plus dans les paris sportifs ou dans les tournois de poker • une deuxième catégorie qui à l’inverse est composée d’une population de turfistes en ligne qui jouent majoritairement (54%) plus de 100 euros par trimestre Type de jeux Pourcentage de joueurs misant moins de 100 euros par trimestre Pourcentage de joueurs misant plus de 100 euros total Paris sportifs 61 39 100% Paris hippiques 46 54 100% Poker ( tournois) 65 35 100% • De la même manière la catégorie des joueurs de poker cash game, est composée de deux populations : une - très majoritaire - qui engagent moins de 300 euros par trimestre, une secondaire non négligeable (30 %) qui joue plus Type de jeu % de joueurs qui misent moins de 300 euros par trimestre % de joueurs qui misent plus de 300 euros Poker cash game 70 30 ------- Ces quelques éléments d’analyse, loin d’être exhaustifs, confirment qu’une sociologie du gambling virtuel est possible et nécessaire. Elle informerait objectivement les différents acteurs du champ et éviterait bien des instrumentalisations. Il convient une nouvelle fois de rappeler aux pouvoirs publics que seul un Observatoire des jeux (ODJ) pluridisciplinaire peut réaliser ce travail de recherche. Ce n’est pas le cas actuellement. C’est en travaillant de manière pluridisciplinaire qu’on arrivera le mieux : à connaître « les causes et conséquences » du gambling, à dessiner une typologie objective des joueurs et de leurs comportements, à mieux comprendre la question complexe du jeu excessif. Il convient également de rappeler à l’autorité publique que pour être opérationnel l’ODJ doit posséder des moyens aussi important que ceux par exemple de l’Observatoire des drogues (OFDT) dont le directeur - qui est également membre de l’Observatoire des jeux - vient d’être « remercié » par Etienne Apaire ( Président de la Mildt, la tutelle de l’observatoire des drogues.) Quelques mots sur cette actualité, en marge de l’industrie des jeux de hasard et d’argent, mais qui pose un problème commun, en matière de Politique des jeux, en matière de Politique de « lutte contre la toxicomanie ». Quel doit être le rôle d’un Observatoire ? Etienne Apaire vient de répondre en ce qui concerne l’OFDT : « l’Observatoire des drogues est au service des politiques « (3). Notre réponse en matière de jeux sera plus nuancée car la problématique pour l’Observatoire des jeux n’est pas « de lutter contre les jeux de hasard et d’argent ». Nous pensons que la mission première d’un Observatoire c’est…d’observer objectivement, faire des statistiques, des enquêtes de terrain quanti et quali … Sur le registre scientifique l’Observatoire doit donc disposer d’une liberté totale pour comparer, mener à bien ses investigations, établir des corrélations et des rapports de causalité, recouper les sources, émettre des hypothèses pour ensuite les confirmer ou les infirmer. Mais sur le fond nous rejoignons Etienne Apaire. En aucune manière un Observatoire ne doit orienter ( par exemple par des déclarations dans les médias) et encore moins décider d’une politique (des jeux ou des drogues) qui releve de l’autorité. C’est visiblement pour avoir oublié cette règle de base de la décision publique ( nonobstant la soumission légitime à la tutelle) que JM Costes a été remercié. Il s’est prononcé pour les « salles de shoot », alors qu’E. Apaire, le gouvernement - et certainement une très grande majorité de Français - sont contre. A suivre car JM Costes reçoit des soutiens de la gauche ( JM Leguen, C. Lemorton), d’associations, d’une partie de la doxa des toxicologues, des médias ( le Monde et Libération en tête) qui mènent depuis des années un curieux activisme en faveur des salles de shoot. Un singulier lobbying en réalité (qui mériterait enquête approfondie pour savoir à qui profite le crime) loin en outre d’être partagé par la totalité des spécialistes en toxicomanie. En aucune manière l’instrumentalisation et la personnalisation de cette affaire ne doit occulter la vraie question qui de notre point de vue est la suivante : la décision, l’orientation de l’action publique ( en matière de jeux et en matière lutte contre la drogue) ne doit-elle pas forcément en final relever de l’autorité politique, garante de l’intérêt général, sous peine d’être systématiquement entravée par des avis, des intérêts privés ou associatifs, qui en outre le plus souvent ne sont même pas représentatifs de l’opinion publique et de plus font débat au sein de la communauté scientifique du champ concerné ? Manifesta haud indigent probatione* * l’évidence n’a pas besoin de preuve © JP Martignoni , Lyon, France, avril 2011 notes (1) « Opération coup de poing contre le poker en ligne aux Etats-Unis » ( Les Echos du 18 avril 2011) (2) « Indicateurs de supervision : données trimestrielles « ( Arjel, 11 avril 2011, 8 pages) (3) Maria Poblete : « L’Observatoire des drogues est au service des politiques « : entretien avec E. Apaire ( Président de la MILDT) ( www.rue89.com du 16 avril 2011)


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