Pourquoi BetClic et Bwin râlent-ils contre la législation ?

Le 30/11/2010 | 1 commentaire(s)

Cela commence à faire un moment que les opérateurs de jeux en ligne grondent. C'est maintenant au tour de BetClic et Bwin de se montrer critique à l'égard du marché français. Dans une interview donnée au Figaro, le président du conseil d'administration de BetClic, Stéphane Courbit, dénonce une législation trop contraignante du marché français. Conforté dans ses propos par les déclarations de Bwin.

Une législation trop contraignante

Stéphane Courbit est monté au créneau hier matin dans les colonnes du Figaro. Actionnaire à hauteur de 50% du capital du groupe BetClic Everest Group, l'homme d'affaire juge la fiscalité française « trop lourde ».

De nombreux opérateurs se plaignent en effet d'une restriction trop importante imposée par la législation française. Concernant la loi française en matière de jeux en ligne, Stéphane Courbit est catégorique, « la loi française est la pire d'Europe », et explique les raisons de l'échec de cette législation : « la loi ne nous permet pas d'exister, nous sommes taxés, le périmètre des jeux est trop limité et le taux de retour aux joueurs trop bas ».

Bwin en difficulté ?

Les propos du Groupe autrichien Bwin hier, dans le quotidien « Aujourd'hui en France » sont venus renforcer les déclarations du bookmaker en ligne préféré des Français. Les deux gros opérateurs marchent pour une fois main dans la main pour tenter, de faire plier la législation française.

Le président de Bwin, Carlo Costanzia, dénonce lui aussi une « fiscalité trop lourde » sur le marché français. Au troisième trimestre de cette année, Bwin affiche une perte opérationnelle de 6,2 millions d'euros, causée selon le groupe par l'investissement réalisé pour pénétrer le marché français.

Vers un assouplissement ?

La principale revendication des opérateurs de jeux en ligne est un assouplissement de la législation française. Ces entrepreneurs souhaitent une fiscalité plus flexible pour pouvoir amortir leur investissement d'entré sur le marché, et s'installer sur le long terme en France.

Bwin va même plus loin dans ces revendications, le Groupe autrichien réclame un élargissement de la gamme de produits proposés. Carlo Costanzia se verrait bien proposer à ses joueurs les « jeux de casinos, de grattage et de loterie ». Stéphane Courbit, lui aussi, se sent lésé par l'avantage que possède la FDJ ou le PMU, et plaide en faveur d'une remise en question de leur monopole.

Vos réactions (1)
Martignoni, le 08/12/2010

Démission du Sénateur François Trucy, interrogations sur la Politique des jeux de la France IgamingFrance vient d’annoncer que le sénateur François « démissionnait de la Présidence du Comite Consultatif du jeu ». Cette annonce n’est pas une bonne nouvelle pour la Politique des jeux de la France. Le sénateur Trucy a beaucoup œuvré depuis dix ans pour faire évolué cette politique, longtemps rétrograde en matière de jeux en ligne et protectionniste, pour défendre les monopoles du PMU et de la FDJ avec de mauvais arguments. Malgré deux rapports volumineux, qui tentaient de faire la synthèse pour aboutir à une politique des jeux qui défende l’intérêt général et satisfasse dans le même temps aux exigences de la Commission Européenne, François Trucy a du encore beaucoup bataillé contre le « soldat Woerth », pour dessiner une nouvelle architecture du paysage ludique nationale qui ne soit pas une simple réponse conjoncturelle à la nécessité de libéraliser les jeux en ligne – rapidement - avant la coupe du Monde de football. La loi sur les jeux d’argent virtuel de Mai 2010 prévoyait – grâce notamment au travail du Sénat - la mise en place d’une Autorité de régulation des jeux en ligne ( Arjel) , d’un Comité consultatif des jeux (CCJ) et d’un Observatoire des jeux (ODJ) . Alors que l’Arjel, qui possède des moyens à la hauteur de sa mission, poursuit son travail avec succès sous la houlette de Jean François Vilotte, ces deux autres organismes - indispensables à une Politique des jeux qui défende l’intérêt général - n’ont curieusement toujours pas été installés sept mois après le vote de la loi . Le projet de décret communiqué dès janvier 2010 au rapporteur de la commission des finances du sénat n’a jamais été publié. Un « avis » présenté le 18 novembre 2010 au Palais du Luxembourg par le sénateur Gilbert Barbier s’étonne à juste titre de ce curieux « retard », que nous avons plusieurs fois signalé dans différents articles et notes de recherche. « La difficulté » viendrait du « refus des services du Premier ministre d’assurer le secrétariat du comite consultatif » . Alors « dysfonctionnement admistratif » ou tentative d’obstruction du travail parlementaire, et notamment de celui du Palais du Luxembourg, on peut sérieusement et de plus en plus s’interroger. C’est dans ce contexte, qui soulève déjà de nombreuses interrogations sur la volonté ou non du gouvernement d’appliquer la loi voté en mai, qu’une « mesure de déclassement « a été introduite hier dans le cadre de la loi des finances 2011. Cette mesure permet au gouvernement de modifier la loi sur les jeux en lignes, par « décret simple » sans consultation et sans attendre la clause de revoyure prévue à 18 mois. C’est pour cette raison que François Trucy a – non sans un certain courage - démissionné Souhaitons vivement que les autorités politiques et notamment celles rattachées au premier ministre - sachent faire revenir le sénateur sur sa décision et annoncent enfin l’installation complète de la nouvelle architecture du paysage ludique ( comite consultatif du jeu, observatoire des jeux, commissions) prévue par la loi sur les jeux en ligne et afin que la décision publique ne provienne pas uniquement d’un simple arbitrage politique ( conjoncturel) entre intérêts privés et afin d’aboutir à une politique des jeux cohérente qui défende l’intérêt général. Rappelons que la « recherche de l’intérêt général ne saurait être une simple résultante des intérêts privés » et de l’activisme lobbyiste (1), très actif ces derniers mois et ces derniers jours. Quant au Président de la République, qui ne l’oublions pas est à l’origine de la politique de jeu responsable (avec les casinos quand il était Ministre de l’Intérieur) il ne pourrait que tirer profit politique d’un tel recentrage, qui contribuerait à réduire fortement l’image « des amis du Fouquet’s », peu porteuse électoralement. Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin ( sociologue) 8 décembre 2010 (1) celui des opérateurs virtuels privés ( Stéphane Courbit en tête, qui s’agite beaucoup ces derniers temps) ; celui de la Française des jeux ( double langage , financement de la doxa du jeu pathologie maladie, instrumentalisation, autorégulation, commande d’une norme jeu responsable à l’Afnor…) ; celui de la doxa du jeu pathologie maladie (exploitation publique ou privé du business du jeu compulsif, conflit d’intérêts )…..


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