Baroin rappelle à Aulas et l'OL que la pub pour BetClic est interdite

Baroin rappelle à Aulas et l'OL que la pub pour BetClic est interdite

Le 17/04/2010 | Réagissez à cet article 

Le tout récent ministre du budget vient de rappeler à l’ordre l’équipe de football de Lyon qui affiche le logo de l’opérateur BetClic sur ses maillots. Une réaction qui contraste avec la politique, jusque là plutôt permissive, du gouvernement. Y a-t-il deux poids deux mesures puisque beaucoup de supports le font (surtout en ligne) ?

L’Olympique Lyonnais persiste et prend des risques

François Baroin a soutenu mercredi le président de la Ligue de Football Professionnel (LFP), Fredéric Thiriez, en rappelant à Jean-Michel Aulas, président de l’équipe de Lyon, que « d’une part la loi sur les jeux en ligne n’est pas encore applicable compte tenu du recours devant le Conseil constitutionnel et, d'autre part, que tant que les opérateurs de jeux en ligne n'auront pas été agréés en France, ils ne peuvent faire de publicité par quelque moyen que ce soit ». En effet, les joueurs de l’équipe de Lyon ont revêtu dimanche dernier contre Lille le logo de l’opérateur de jeux en ligne illégal en France, BetClic, sur leur maillot. Une infraction qui pourrait valoir à l’Olympique Lyonnais une sanction financière par la LFP. Celle-ci pourrait également transmettre le dossier au parquet de Lyon.

Ce n’est pas la première fois que l’équipe fait parler d’elle au sujet de la présence de cet opérateur sur son maillot. L’été dernier, elle avait déjà tenté un passage en force en faisant apparaître le logo lors d’un match en Belgique. Ce qui lui avait valu les foudres du Centre de recherche et d’information des organisations de consommateurs belges,  la législation étant la même qu’en France. On se souvient, également, du coup de pub qu’avait donné l’équipe de foot à l’opérateur en arborant, à la place du logo, une publicité pour le nouvel album de Kool Shen, également féru de poker.

La solution pour être tranquille : rester discret ?

Dans un communiqué de presse, le ministre s’est félicité de l’action de Frédéric Thiriez pour « son action ferme qui vise à s’assurer que les clubs français se conforment aux dispositions légales en vigueur ». Cependant, il semblerait que François Baroin ne passe pas beaucoup de temps à surfer sur la toile. En effet, malgré l’interdiction beaucoup d’opérateurs y sont présents, sur les sites des clubs de foot mais également sur ceux de certains médias sportifs. Le site internet Le Phocéen.fr affiche ouvertement son partenariat avec Bwin et propose des liens afin de parier grâce à lui. Le site internet OM.net invite à miser sur Marseille via BetClic, tout comme il propose des maillots arborant le logo de l’opérateur qui sera prochainement disponible sur l’iPad. Ces maillots sont dits « en attente d’homologation » mais que tout le monde peut acheter. Le PSG, quand à lui, propose d’utiliser l’opérateur Unibet. Même si la publicité se fait beaucoup plus discrète parce qu’elle ne le mentionne pas ouvertement, il suffit de cliquer sur le lien pour se rendre compte de la combine.

Plusieurs députés dénonçaient déjà, en septembre dernier, le fait que certains médias et clubs de foot aient déjà commencé à faire de la publicité pour des sites de paris en ligne. Eric Woerth, alors ministre du budget, avait d’ailleurs annoncé : « j’ai mis en demeure, par écrit, les diffuseurs de cesser cela. Si ce n’est pas le cas, nous allons entamer des poursuites ». Ces déclarations avaient laissé les députés, de droite comme de gauche, sur leur faim, et pour cause, 6 mois plus tard la situation n’a pas bougé d’un poil. Finalement, il existe peut-être une solution pour rester dans l’illégalité sans ennuis, contrairement à l’équipe lyonnaise : rester discret.

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