L’opérateur de jeux SAjOO s’attend à 3 ans de "galère"

L’opérateur de jeux SAjOO s’attend à 3 ans de "galère"

Le 07/07/2010 | Réagissez à cet article 

Dans une interview accordée à Reuters, Christophe Blot, directeur général délégué de SAjOO, s’explique sur son business plan pour les 5 prochaines années.

« SAjOO ne sera pas rentable avant 3 ans »

Le site de paris sportifs et de poker a déjà prévu son business plan pour les 5 prochaines années. Une information annoncée vendredi dernier par Christophe Blot, directeur général délégué du site détenu à moitié par le groupe de presse Amaury et l’opérateur autrichien Bwin.

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Comme la plupart des nouveaux sites de jeux et paris en ligne, SAjOO ne s’attend pas à rentabiliser son activité avant 2013. Et ce malgré l’affluence grandissante du site. « Les résultats sont au-dessus de nos espérances, même si on a une petite baisse depuis l'élimination de la France en termes de nombre de nouveaux joueurs qui viennent sur le site ».

Selon Christophe Blot, cet engouement est dû à l’attrait de la nouveauté et pourrait s’essouffler au fil du temps si l’opérateur ne reste pas assez réactif face à la demande. Selon lui, l’avenir des sites de paris sportifs se dessinera après la Coupe du monde de football. Une fois l’émulation de la compétition passée, les supporters continueront-ils à parier sur le football national ? A priori non d’après les estimations de NPA conseil. L’institut d’expertise médias prédit une baisse des paris post Coupe du monde. Actuellement compris entre 400 et 600 millions d’euros de chiffres d’affaires, le marché français devrait stagner ces prochaines années à environ 6 à 7 millions de joueurs. « Cela confirme ce que tout le monde craignait : ce n'est pas une activité lucrative à court terme » souligne Christophe Blot. Il explique ce diagnostic par le niveau élevé de la taxation de l’Etat qui prélève 7,5% des mises des joueurs pour les paris sportifs et hippiques et 2% des mises pour le poker avec un plafond fixé à un euro par donne.

SAjOO : l’outsider du pari en ligne

A l’heure actuelle, l’ARJEL n’a licencié que 16 opérateurs sur les 40 voire 50 originellement attendus. Un situation que déplore Christophe Blot : « C'est dommage que l'ouverture d'une nouvelle industrie en France ne génère pas plus de créations de sociétés et d'emplois et (...) que les conditions d'ouverture ont fait qu'il y avait une barrière très forte à l'entrée ». Petit nouveau venu dans le marché du jeux d’argent en ligne, SAjOO n’a pour l’instant pas les moyens de concurrencer les opérateurs déjà fortement implanté dans le milieu.

Selon l'institut Kantar Media, la Française des jeux et le PMU, présents sur le net depuis une dizaine d’année, se sont chacun accordés 26% du budget publicitaire lié aux jeux d’argent en ligne depuis l’ouverture du marché français. Quant à Bwin et BetClic, du groupe Mangas Gaming détenu par l’homme d’affaire Stéphane Courbit, ils se sont partagés 19% et 14% des parts de marché. Face des poids lourds de l’industrie, SAjOO et ses 8% font pâles figures.

Un produit d’appel pour les investisseurs

Malgré le relatif succès de ses quotidiens « Aujourd'hui en France » et « L’équipe », le groupe Amaury cherche à tout prix des actionnaires, majoritaires ou non, pour renflouer ses publications. Odile Amaury compte sur SAjOO pour attirer les nouveaux investisseurs en le présentant comme le quatrième pilier de son pôle sportif qui comprend entre autres le Tour de France.

Pour Cristophe Blot, l’avenir du site se joue sur une relative addiction du supporter-parieur : « Tout internaute qui a parié une fois sur une rencontre en direct ne regardera pas sa prochaine rencontre sportive de la même manière ». Il va même jusqu’à présenter le pari en ligne comme un nouveau moyen d’expression du supporter frustré. « Quand vous regardez un match et que vous n'êtes pas d'accord avec le commentaire que vous entendez, vous êtes impuissants. Là, c'est une manière de mettre à profit votre connaissance ».

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