«Protéger les joueurs les plus faibles est notre vocation chez ADICTEL»

«Protéger les joueurs les plus faibles est notre vocation chez ADICTEL»

 Par Eric BOUHANNA, Adictel, le 28/09/2009 | 2 commentaires

Eric Bouhanna est le Président et Fondateur d'ADICTEL, dipositif français qui se bat depuis des années contre l'addiction des joueurs. Il a gentiement répondu à nos questions à travers cette interview.

Kuzeo : « Bonjour Monsieur Bouhanna. On ne présente plus Adictel, dont vous êtes le Fondateur et Directeur, mais pouvez-vous en rappeler brièvement le principe ? »

Eric Bouhanna : J’ai créé ADICTEL en février 2004 sans aide ni subvention et avec très peu de moyens. J’ai compris très tôt qu’il fallait professionnaliser cette activité en proposant un service gratuit pour les joueurs et « envoyer la facture » aux casinos. Les contrats sont conçus de telle manière qu’il n’y a pas de conflit d’intérêt, nous agissons pour le bien et sans complaisance.

C’est devenu le dispositif d’envergure nationale dont la fonction est d’aider  gratuitement les joueurs excessifs ou dépendants et de les sauver quand ils sont volontaires.

Le principe est de répondre aux 3 fondamentaux :

  1. Partout
  2. Pour tous
  3. 24/24H.

Cela peut paraitre simple à première vue mais cette disponibilité opérationnelle n’a été réalisable qu’avec le déploiement de moyens humains et technologiques sophistiqués.

Il a fallu du temps pour faire tomber les fausses croyances car les joueurs en urgences ne se satisfont pas d’un numéro d’appel psychologique sans effet concret et immédiat. C’est pourquoi le processus privilégie la limitation d’accès aux jeux. La thérapie vient après. Dans l’ordre : Prévention, Détection, Action, Validation.

Le dispositif ADICTEL est disponible aussi bien dans l’univers des jeux traditionnels tels que casinos, loteries ou PMU que sur Internet où tous les sites de jeux dignes de ce nom ont adopté le label et se sont engagés par contrat à respecter nos préconisations.

Notons qu’il ’il n’y a pas d’équivalent au monde, que c’est un modèle Français exportable dont nous pouvons être fiers à double titre puisque sa finalité est de protéger des consommateurs en danger ainsi que leurs familles.

« Que représente le dispositif en France en termes de personnes et qui le compose-t-il ? »

Nos locaux sont situés à Saint Ouen en Seine Saint Denis. Nous y avons localisé nos moyens techniques et administratifs. Pour couvrir le besoin actuel en 24H/24, 7jours/7, et la gestion de près de 9000 dossiers par ans. Nous avons une dizaine de psychologues diplômés spécialisés dans la lutte contre l’addiction aux jeux d’argent. Nous avons conçu nos propres outils informatiques, nous avons notre propre centre d’appel pour ne pas sous-traiter cette activité sensible.

Le réseau terrain est constitué de 127 conseillers répartis sur le territoire national qui reçoivent les joueurs pour conseiller, orienter et valider les limitations.

Le réseau des conseillers sur internet c’est près de 80 personnes supplémentaires qui sont nos référents pour chacun des sites de jeux d’argent.

Toutes les plus grandes marques sont adhérents : Fulltiltpoker, Everest, 888, Partygaming, Zeturf, Casino 770, Betclic, Winamax, Pokerstars, Partouche.com, Baraka, Sportingbet, Unibet, Chilipoker et bien d’autres.

« Sachant que des millions de Français jouent déjà en ligne depuis des années, que va changer la libéralisation du marché des jeux d’argent en ligne pour Adictel ? »

Pour ADICTEL ce qui va changer c’est qu’il y aura en théorie et dans un premier temps moins d’opérateurs avec licence donc moins de cas compliqués à gérer avec des sites opaques et peu civiques.

Pour la France nous nous attendons à un doublement du volume des demandes d’aide. Même si en pourcentage il restera identique, le nombre de joueurs dépendants va augmenter pour plusieurs raisons :

  • La prévention sera beaucoup plus présente car obligatoire.
  • La légalité va libérer les hésitants et débloquer les banquiers récalcitrants.
  • La publicité et le marketing vont jouer à plein. Au niveau psychosociologique de nombreux joueurs vont comprendre que leur «  hobby » à la mode ne favorise ni leur équilibre ni leur avenir.

« Quels outils mettez-vous à disposition des opérateurs de jeux pour protéger leurs joueurs ? Des nouveaux outils vont-ils être créés ? »

Comme je l’ai annoncé récemment au Sénat, ADICTEL a investi un demi-million de dollars dans le nouveau META-MODERATEUR® Mondial de l’addiction aux jeux. C’est la réplique WEB 2.0 des processus de sauvetage que nous appliquons avec succès depuis maintenant 6 ans et que nous mettons à la disposition de l’ARJEL qui est l’autorité de régulation des jeux en ligne.

Cet outil est très attendu y compris par les autorités car il a la capacité de s’interfacer à grande échelle  avec tous les types d’opérateurs de jeux, terrestres, on line, cercles et associations.

Etant donné qu’ils sont pour la plupart déjà adhérents au label les opérateurs sont déjà prêts techniquement.

« Vous êtes aussi le CEO de FairPlayers, créé en 2002. Quelles sont ses missions ? »

Fairplayers.com est la version éthique de ADICTEL, nous mettons le focus sur la valeur du Fairplay qui concerne les joueurs, les opérateurs de jeux mais aussi les autorités.

Derrière cette idée, FAIRPLAYERS c’est un laboratoire de recherche et développement dont le but est de créer les outils de sécurité et de contrôle de demain en utilisant des composants issus de la nanotechnologie.

Un exemple concret de ce que nous produisons c’est la création de UINT GAMING TECHNOLOGY dont j’ai pris la présidence. Je crée avec mes ingénieurs les nouvelles cartes au format iso bancaire incluant énergie et reconnaissance biométrique. Nous avons investi plus de 600 000 € de R&D. Ces cartes vont permettre au monde du jeu (entre autres) de définitivement résoudre le problème de l’identification certaine.

Le scoop c’est que nous dévoilerons au mois de novembre lors du salon « CARTES » des cartes de jeux électroniques se substituant aux cartes à gratter utilisées par les loteries. Ces cartes intègrent la reconnaissance du joueur, la plate forme monétique, et bien entendu une gamme étendue de jeux simples et attractifs. La brique sécuritaire anti-addiction y est incluse c’est pourquoi je défends ce nouveau média des jeux avec « ADICTEL INSIDE ».

 « Que se passe-t-il pour les opérateurs que vous ne certifiez pas ? »

ADICTEL est un LABEL. Nous ne certifions pas les sites de jeux mais nous reconnaissons ceux qui agissent ou n’agissent pas concrètement pour la protection des plus faibles. Nous éditons sur www.adictel.fr la liste blanche des « bons élèves » et vous verrez que certains brillent par leur absence.

Ce qu’il faut savoir c’est que ADICTEL réponds à toutes les demandes de joueurs d’où qu’ils viennent.

Nous travaillons donc malheureusement gratuitement mais avec autant d’énergie pour aider des joueurs provenant d’opérateurs qui ne payent pas.

Pour ces 6 années cumulées nous estimons que 30% de nos prestations passent en perte pour un montant cumulé de plus de 1 million d’euros au détriment d’un certain nombre d’actions que nous aurions pu mener pour le bien de tous.

« La protection des joueurs mineurs semble un sujet dominant. Quel est le but de la carte permettant d’identifier les joueurs ? »

La protection des plus faibles c’est notre vocation avec ADICTEL.

La protection des mineurs de moins de 18 ans et des enfants est évidemment un sujet central.

Je parlais plus avant de mon activité chez UINT GAMING TECHNOLOGY. Nous sommes sur le point de sortir une carte joueur universelle incluant toutes les fonctionnalités requises à la fois pour l’identification certaine, la transparence des transaction et le contrôle des mineurs.

Vos réactions (2)
Cr, le 22/01/2012

Je me suis fait interdire de casino il y a 7 ans. Voila deux ans pensant que mon interdiction était levée je me suis rendu au Casino pour jouer le jour de mon anniversaire, alors que mon interdiction tenait toujours en fait ( j'en ai eu la confirmation après). L'entrée du Casino ne m'a pas été interdite même si, lorsque j'ai présenté mon passeport il y a eu un signal sonore et une croix rouge sur son écran. L'accueillant m'a donné un bulletin de jeu à remplir et m'a laissé rentrer. J'ai joué et ai perdu de l''argent. Je l'ai signalé à la Police qui m'a envoyé au Procureur pour lui dire que je ne me sentais pas très bien protégé. Il m'a répondu que ma plainte ou réclamation ne pouvait pas être retenue du fait que " les faits dont je me plains ne sont pas punis par la loi". Il m'est dit aussi que je peux contester cette décision. Je souhaiterais avoir votre avis et connaître quels recours et protection un joueur dépendant peut bénéficier pour que sa protection soit effective et respectée. Avec mes remerciements. C R.


Yao kouakou k. joel, le 14/10/2009

bonjour , je suis en cote d'ivoire et suis un fanatique de jeu en ligne. j'aimerais avoir une carte de jeu en ligne(adictel) savoir aussi comment l'obtenir ,si il y a des conditions à remplir. cordialement!!!


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